Fin du colloque ISSEG-IPU à Conakry : la science et le numérique érigés en leviers face aux crises éducatives africaines

Après trois journées d’échanges intenses, de débats scientifiques et de partages d’expertises, les rideaux sont tombés ce Jeudi 18 Juin 2026 à Conakry sur le premier colloque international conjoint coorganisé par l’Institut Supérieur des Sciences de l’Éducation de Guinée (ISSEG) et l’Institut de Pédagogie Universitaire (IPU) du Mali. Réunissant des éminences grises, chercheurs, des décideurs publics et des étudiants, ce forum de haut niveau s’est achevé sur une ambition forte : traduire les recommandations académiques en véritables outils de pilotage des politiques éducatives en Afrique.

 

Pendant 72 heures, les participants ont planché sur la thématique centrale : « Science et numérique au service de la transformation de l’éducation en contexte de crise ». Face aux secousses multidimensionnelles qui affectent la sous-région, les deux pays ont fait le choix de l’intelligence collective pour briser les barrières physiques imposées par les crises et garantir la continuité pédagogique. Pour les organisateurs, l’événement est un succès retentissant qui démontre l’agilité des structures universitaires africaines.

Au moment du bilan, la satisfaction est unanime parmi les responsables et les participants étrangers. Le Directeur Général de l’ISSEG, Pr Mamadou Cellou Diallo a exprimé un sentiment de profonde réussite, affirmant que les résultats ont largement dépassé ses attentes personnelles :

 

« Ce colloque a permis de démontrer qu’il n’y a pas de crise éducative sans solution lorsque les experts et les « éminences grises » se réunissent pour explorer les pistes de sortie ». Il a également annoncé que les propositions concrètes issus des sessions feront l’objet d’une publication officielle des actes du colloque afin de guider durablement les pratiques sur le terrain.

 

Cette rigueur scientifique a également été saluée par le Pr Mamadou Dia, Directeur Général Adjoint de l’IPU et représentant de la délégation malienne. Partagé entre la satisfaction du devoir accompli et la nostalgie de quitter la Guinée, il a souligné « la haute facture des communications, toutes en parfaite adéquation avec la thématique du colloque », tout en promettant de « très beaux textes » pour les publications à venir.

L’événement a par ailleurs séduit au-delà de la sphère bilatérale Mali-Guinée. Venue du Gabon, la Pre Liliane Surprise Okome Engouang EP. NZESSEU, enseignante-chercheuse à l’École Normale Supérieure (ENS) de Libreville, s’est dite émerveillée par l’hospitalité guinéenne et par l’originalité de l’approche scientifique :

 

Dans une adresse pragmatique, le Dr Facinet Conté a exhorté le monde universitaire africain à s’approprier la production des savoirs « L’un des enseignements majeurs de ce colloque réside dans la nécessité pour nos pays africains de développer leurs propres capacités de recherche, d’innovation et de production des savoirs. L’Afrique ne peut se contenter d’importer exclusivement des modèles développés ailleurs. Elle doit penser son avenir éducatif à partir de ses réalités, de ses besoins et de ses aspirations. ». Il a ajouté que l’éducation moderne doit former des citoyens capables d’utiliser la science avec discernement et les technologies numériques avec responsabilité.

 

Pour le Dr Souleymane Condé, Président de la Commission d’Organisation, la fin des travaux n’est que le début d’une nouvelle feuille de route opérationnelle. « Mettre la science et le numérique au service de l’école en temps de crise, c’est refuser la fatalité de la rupture éducative et garantir à chaque apprenant, où qu’il soit, le droit immuable à un avenir de qualité », a-t-il rappelé avec force, avant d’inviter les autorités à transformer ces recommandations en outils réels de gouvernance.

 

Le message semble avoir été entendu au plus haut niveau. Le Secrétaire Général du MESRS a conclu en réitérant l’engagement de son département à veiller à ce que les conclusions de ce colloque ne restent pas confinées dans les tiroirs des universités, mais qu’elles soient largement diffusées et intégrées, autant que possible, dans les futures politiques publiques d’éducation.

 

SOW Telico, pour Educationactu.com

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